L’art du Savasana

Par Marie Silindre

Cet asana m’a toujours intriguée, certains l’oublient à la fin des cours, d’autres disent que la qualité de notre pratique dépend de lui. J’ai eu envie d’en savoir un peu plus…
Savasana est comme un asana transitoire. En effet, il mène vers les derniers astanga du Yoga.
C’est une position qui peut paraitre toute facile alors qu’elle cache bien des enjeux et des subtilités. En effet, notre corps et notre esprit étant habitués à bouger, Savasana peut déstabiliser. Rester allongé sans plonger dans nos pensées ni dans le sommeil; se détendre tout en restant pleinement alerte, relaxer sans bouger ni physiquement ni mentalement.
On retrouve ce fin équilibre, ce jeu des oppositions complémentaires propre au Yoga.
Savasana est la porte d’entrée du système parasympathique, branche du système nerveux qui amène la détente. Les signes vitaux ralentissent, la digestion se met en marche, le corps recueille son énergie et se concentre sur la guérison, le nettoyage et le renforcement. A l’inverse du système sympathique qui est celui de la fuite, de la défense voire du combat (et qui est très sollicité par le stress, nos modes de vie rapides, chargés, etc.).
En plongeant dans Savasana, le corps peut commencer à se revitaliser et à se rappeler comment se soigner. Sans effort musculaire pour tenir la posture, le prana circule librement et après l’effort musculaire de la séance, Savasana invite à sentir les limites du corps physique se dissoudre.
On recherche dans Savasana l’unicité du corps, du souffle, de l’esprit et du mental. Tous les sens sont tournés vers l’intérieur ou le plus calme possible.
Par son nom, ‘posture du cadavre’, Savasana amène aussi une réflexion sur la mort. La mort qui fait partie de la vie, d’un cycle, d’un recommencement.
Mais aussi la mort des émotions négatives vécues: chagrins, déceptions, douleurs, blessures… et la prise de conscience de leur impermanence.
Références: hridaya-yoga , Guide des Asanas Namaste